Une liberté d’expression cruciale

La présence de Lulu était cruciale pour moi parce qu’elle me renvoie quelque chose où j’ai senti en miroir cette petite fille complètement enfermée et incapable d’être elle-même. J’ai senti qu’il y avait une Lulu en moi comme elle, enfermée, sans liberté de gestes, sans liberté d’expression, apparente en tous cas. Et c’est là que j’ai compris qu’en fait mon handicap qui est reconnu sur papier, était caché quelque part de cette façon-là en moi et que j’ai une petite Lulu à l’intérieur de moi à qui je veux laisser la place aujourd’hui. Celle qui a besoin d’enfin s’ouvrir. Ça me fait tout bizarre dans le cœur de dire ça. C’est à cause du fait que je veux pas qu’on la voit celle-là. Elle est pas adaptée à la société, elle fait des gestes et elle dit des choses qu’elle contrôle pas. Elle est pas politiquement correcte quoi. Je l’ai faite taire toute ma vie. Des fois elle s’échappe mais quand elle s’échappe je tombe malade parce que je veux la faire taire. Et il y a tellement de puissance en elle. C’est une force brute, c’est cette puissance-là qui est interdite d’expression. C’est une souffrance terrible que de la laisser enfermée. Tout le reste de ma vie, ce n’était que des mouvements adaptés et c’est celle-là à qui je veux laisser la place aujourd’hui.

Retour en haut